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Tests ADN généalogiques : interdits en France, et pourtant ils résolvent des crimes

Un peu de salive dans un tube, quelques semaines d'attente, et l'on découvre des cousins au Canada. Des millions de Français l'ont fait, malgré l'interdiction. Ce que peu savent, c'est que ces bases de données servent aussi à retrouver des criminels.

Par la rédaction de Vertige Littéraire · Publié le · 3 min de lecture

Kit de test ADN et enveloppe ouverte sur une table de cuisine, la nuit
Kit de test ADN et enveloppe ouverte sur une table de cuisine, la nuit

Les tests ADN dits « récréatifs », vendus en ligne par des sociétés américaines ou israéliennes, promettent de révéler vos origines et de retrouver des parents inconnus. En France, ils sont interdits. Ce paradoxe, des millions de clients pour un produit illégal, cache un débat de fond sur la vie privée, la filiation et la justice.

Ce que dit la loi

En France, l'examen des caractéristiques génétiques d'une personne n'est autorisé qu'à des fins médicales, de recherche scientifique, ou dans un cadre judiciaire (par exemple une expertise ordonnée par un juge, ou l'identification d'une personne). Le Code civil encadre strictement ces examens.

Faire réaliser un test génétique pour soi, en dehors de ces cadres, est puni par l'article 226-28-1 du Code pénal d'une amende de 3 750 euros. Dans les faits, les poursuites contre des particuliers sont exceptionnelles, et l'on estime que plusieurs millions de Français ont déjà envoyé leur salive à l'étranger.

Pourquoi cette interdiction ?

Le législateur français a voulu protéger plusieurs choses :

  • la filiation : un test peut révéler qu'un père n'est pas le père biologique, ou qu'un donneur de gamètes existe, avec des conséquences familiales lourdes ;
  • la vie privée des autres : votre ADN contient aussi une partie de celui de vos parents, frères, sœurs et cousins, qui n'ont rien demandé ;
  • les données de santé : certaines informations génétiques peuvent révéler des prédispositions à des maladies.

Comment fonctionne la généalogie génétique

Les sociétés comparent votre ADN à celui de leurs millions de clients. Chaque personne avec qui vous partagez des segments d'ADN apparaît comme un « match », avec une estimation du lien de parenté : cousin germain, cousin au troisième degré… En croisant ces correspondances avec des arbres généalogiques, on peut remonter jusqu'à une personne précise, même si elle n'a jamais fait de test elle-même : il suffit que plusieurs de ses cousins l'aient fait.

Quand l'ADN récréatif résout des crimes

En avril 2018, la police américaine arrête Joseph DeAngelo, le « Golden State Killer », responsable de meurtres et de viols commis en Californie dans les années 1970 et 1980. Les enquêteurs avaient comparé l'ADN retrouvé sur les scènes de crime à une base généalogique en ligne, retrouvé des cousins éloignés du suspect, puis reconstitué son arbre. Depuis, des centaines d'affaires non résolues ont été relancées aux États-Unis grâce à cette méthode.

En France, la question se pose pour les affaires anciennes suivies par le pôle des crimes sériels ou non élucidés de Nanterre. Le 2 juillet 2026, l'Assemblée nationale a voté un article de projet de loi qui permettrait aux juges d'instruction de consulter, à titre exceptionnel, les bases de ces sociétés privées. À la date de rédaction de cet article, ce texte n'était pas encore définitivement adopté.

Les risques d'un résultat

Avant d'envoyer un tube, beaucoup ne mesurent pas ce qu'ils peuvent découvrir : un demi-frère inconnu, une adoption cachée, un parent biologique différent. Les associations de personnes nées sous X ou par don de gamètes connaissent bien ces révélations, parfois espérées, parfois brutales.

Un résultat qui change tout

Et si le test ne révélait pas un cousin lointain, mais un lien de sang avec quelqu'un que l'on cherche depuis des décennies ?

Dans Parenté partielle, une femme envoie sa salive pour connaître ses origines. Le résultat la relie à un violeur que la police cherche depuis trente ans.

Questions fréquentes

Les tests ADN généalogiques sont-ils légaux en France ?

Non. Hors cadre médical, scientifique ou judiciaire, faire réaliser un test génétique sur soi est puni de 3 750 euros d'amende (article 226-28-1 du Code pénal).

Que risque-t-on à faire un test ADN récréatif ?

Une amende de 3 750 euros en théorie. Les poursuites contre des particuliers restent exceptionnelles, mais les résultats peuvent avoir des conséquences familiales et juridiques importantes.

La police peut-elle utiliser les bases de données généalogiques ?

Aux États-Unis, c'est ainsi qu'a été arrêté le Golden State Killer en 2018. En France, l'Assemblée nationale a voté le 2 juillet 2026 une disposition qui l'autoriserait à titre exceptionnel pour les juges d'instruction ; elle n'était pas encore définitivement adoptée à la date de cet article.

Un test ADN peut-il identifier quelqu'un qui n'a jamais fait de test ?

Oui, indirectement : si suffisamment de ses parents éloignés figurent dans une base, la comparaison avec leurs arbres généalogiques permet de remonter jusqu'à lui.

Sources

Les romans de cet article

Le premier chapitre de chacun est offert, sans inscription.

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