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Cyberharcèlement entre parents : quand le groupe WhatsApp de l'école dérape

Il devait servir à organiser la kermesse et le covoiturage. Le groupe des parents de la classe peut aussi devenir un tribunal, où une rumeur se propage plus vite qu'on ne peut la démentir.

Par la rédaction de Vertige Littéraire · Publié le · 3 min de lecture

Téléphone posé sur une table de nuit, l'écran allumé dans le noir à l'aube
Téléphone posé sur une table de nuit, l'écran allumé dans le noir à l'aube

Les messageries de groupe ont changé la vie des parents d'élèves : une question, et trente personnes répondent. Mais elles ont aussi créé un espace où un malentendu peut devenir une affaire, où une capture d'écran circule hors de son contexte, et où quelqu'un peut se retrouver désigné à la vindicte de tous, du jour au lendemain.

Ce que dit la loi sur le cyberharcèlement

Le harcèlement moral est puni par l'article 222-33-2-2 du Code pénal : des propos ou comportements répétés qui dégradent les conditions de vie d'une personne et altèrent sa santé physique ou mentale. Le fait d'utiliser un service de communication en ligne est une circonstance aggravante.

Depuis la loi du 3 août 2018, l'infraction est aussi constituée lorsque ces propos sont imposés à une victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à l'instigation de l'une d'elles, même si chacune n'a agi qu'une fois. C'est ce que l'on appelle souvent un raid numérique, ou « harcèlement en meute ».

D'autres infractions peuvent s'appliquer selon les messages : diffamation, injure, menaces, usurpation d'identité quand un faux compte est créé au nom de quelqu'un.

Les dérives les plus fréquentes dans un groupe de parents

  • un message insultant ou une rumeur sur un enseignant, un autre parent ou un enfant ;
  • des captures d'écran sorties de leur contexte et partagées ailleurs ;
  • un parent exclu, moqué, ou systématiquement contredit ;
  • un faux numéro ou un compte usurpé qui envoie des messages au nom de quelqu'un ;
  • la pression du groupe, qui pousse à « réagir » sans vérifier.

Si vous êtes visé

  1. Ne répondez pas à chaud : une réponse énervée sera capturée à son tour.
  2. Conservez les preuves : captures d'écran avec la date, l'heure et le nom du groupe.
  3. Prévenez l'administrateur du groupe, et l'école si des enfants ou des enseignants sont concernés.
  4. Signalez les contenus illicites sur Pharos, et appelez le 3018, le numéro national contre le cyberharcèlement, gratuit et anonyme.
  5. Portez plainte si les messages se répètent ou si un faux compte a été créé à votre nom.

Les règles d'un groupe qui fonctionne

Un administrateur identifié, un objet clair (l'organisation, pas les débats), aucune discussion sur un enfant nommément, aucun message envoyé sous le coup de la colère : la plupart des dérapages se préviennent avec quelques règles posées dès le début de l'année.

Le thriller de la porte de l'école

À l'heure où le téléphone vibre avant le réveil, une seule notification peut renverser une vie bien rangée. Le thriller psychologique s'est emparé de ces nouveaux espaces de la rumeur.

Dans Vu à 06 h 09, à 06 h 12, le téléphone de l'héroïne vibre. Sur le groupe des parents de l'école, un message insultant porte son nom. Envoyé à 06 h 09. Elle dormait.

Questions fréquentes

Le harcèlement dans un groupe WhatsApp est-il puni ?

Oui. Le harcèlement moral est puni par l'article 222-33-2-2 du Code pénal, et l'usage d'un service en ligne est une circonstance aggravante. Depuis 2018, des messages envoyés par plusieurs personnes de façon concertée peuvent constituer un harcèlement même si chacune n'a écrit qu'une fois.

Quel numéro appeler en cas de cyberharcèlement ?

Le 3018, numéro national contre le cyberharcèlement, gratuit et anonyme. Les contenus illicites peuvent aussi être signalés sur la plateforme Pharos.

Comment prouver un cyberharcèlement ?

En conservant des captures d'écran datées et lisibles (nom du groupe, auteur, heure), et en les présentant lors du dépôt de plainte.

Sources

Les romans de cet article

Le premier chapitre de chacun est offert, sans inscription.

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