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Chiens de recherche de restes humains : le flair qui fait parler les disparus

Un champ, une forêt, un jardin. Le chien avance, nez au sol, puis s'arrête et se couche. Ce marquage peut relancer une enquête vieille de plusieurs années. Derrière lui, il y a des mois de dressage et une unité unique en France.

Par la rédaction de Vertige Littéraire · Publié le · 3 min de lecture

Chien de recherche marquant l'arrêt dans un jardin au crépuscule
Chien de recherche marquant l'arrêt dans un jardin au crépuscule

Parmi les nombreuses spécialités des chiens de police et de gendarmerie (pistage, stupéfiants, explosifs, avalanche), la recherche de restes humains est sans doute la plus singulière. Elle intervient quand une personne a disparu depuis longtemps, quand un corps a été caché, enterré ou dispersé, et que les moyens classiques ne suffisent plus.

Gramat, l'école des chiens de la gendarmerie

En France, les chiens de la gendarmerie et leurs maîtres sont formés au Centre national d'instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), créé en 1945 et installé à Gramat, dans le Lot. On y enseigne dix-sept techniques différentes, dont la recherche de restes humains.

Depuis 2002, Gramat accueille aussi le Groupe national d'investigation cynophile, une unité exclusivement consacrée à la recherche de restes humains. Elle peut être appelée en renfort par tous les services d'enquête, de gendarmerie comme de police, et par toutes les juridictions. Selon la gendarmerie, sa création a été inspirée notamment par la découverte, par une équipe cynophile belge, des corps de Julie et Mélissa dans l'affaire Dutroux.

Comment le chien est formé

Le chien apprend à reconnaître l'odeur spécifique de la décomposition humaine, distincte de celle des animaux. L'apprentissage se fait progressivement, sur des supports d'odeur utilisés dans un cadre strictement réglementé, enfouis à des profondeurs et dans des milieux variés. Le chien est récompensé quand il marque correctement la source : en général en s'asseyant ou en se couchant, sans gratter, pour ne pas abîmer d'éventuels indices.

Le travail sur le terrain

Une recherche se prépare comme une opération : les enquêteurs délimitent une zone à partir des éléments du dossier (téléphonie, témoignages, habitudes de la personne disparue), puis le maître-chien quadrille le terrain en tenant compte du vent, de l'humidité et de la nature du sol. Un marquage n'est pas une preuve : il indique un endroit où creuser, où les techniciens en identification criminelle et parfois un anthropologue prendront le relais.

Lors de recherches très médiatisées, comme celles conduites en 2024 dans l'affaire du petit Émile, plusieurs équipes cynophiles de Gramat ont ainsi été engagées pour ratisser les zones désignées par les enquêteurs.

Ce que le flair peut, et ne peut pas

Le flair d'un chien est extraordinaire, mais il dépend des conditions : la profondeur, le temps écoulé, la météo, la nature du sol et la présence d'autres odeurs influencent la détection. C'est pour cela qu'une recherche négative ne prouve pas l'absence d'un corps, et qu'un marquage doit toujours être confirmé.

Quand le chien marque à la maison

Le flair d'un chien qui « ne se trompe jamais », appliqué non plus à un champ lointain mais à son propre jardin : c'est le point de départ d'un thriller domestique très efficace.

Dans Le chien ne se trompe jamais, un chien est dressé à trouver les morts. Ce soir, il marque l'arrêt dans le jardin de sa propre maison.

Questions fréquentes

Où sont formés les chiens de recherche de restes humains en France ?

Au Centre national d'instruction cynophile de la gendarmerie, à Gramat (Lot), qui abrite aussi depuis 2002 le Groupe national d'investigation cynophile, spécialisé dans cette recherche.

Comment un chien signale-t-il un corps ?

Il « marque » la source de l'odeur, généralement en s'asseyant ou en se couchant, sans gratter, pour préserver les indices. Ce marquage indique où les enquêteurs doivent fouiller.

Un chien peut-il retrouver des restes très anciens ?

Les chiens spécialisés peuvent détecter des restes enfouis ou anciens, mais la réussite dépend de la profondeur, du sol, de la météo et du temps écoulé. Un résultat négatif ne prouve pas qu'il n'y a rien.

Sources

Les romans de cet article

Le premier chapitre de chacun est offert, sans inscription.

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